Quelles lectures pour des personnes (très) âgées ?

 

 Tous ceux qui travaillent auprès des personnes âgées en sont convaincus :

 la lecture stimule la mémoire et participe au maintien des compétences cognitives. Elle offre aussi un moment de détente et de complicité.

 

Lorsque l'état de santé de la personne ne lui permet plus de lire par elle-même, il est souhaitable que lui soit proposée de la lecture à voix haute par un tiers (famille, animateur, bibliothérapeute...).

 

Mais une question se pose rapidement : quels livres choisir pour stimuler l'intérêt de l'auditeur quand il est très âgé et éviter que l'ennui ne s'installe très vite ?

 

Bien sûr, le texte doit être court : la personne âgée ne saurait maintenir son attention très longtemps et l'on doit privilégier la qualité du moment partagé à sa durée.

 

Si certaines nouvelles se prêtent bien à la lecture à voix haute ("La chèvre de monsieur Seguin" d'Alphonse Daudet), d'autres, au style vieilli ou aux phrases interminables, seront à délaisser (les nouvelles de Maupassant, dont beaucoup sont de purs chefs-d'oeuvre, ne sont pas toujours adaptées à un public qui se fatigue rapidement).

 

Un texte trop long... peut être raccourci. Ainsi, dans le cas de "La chèvre de monsieur Seguin", précédemment cité, on se passera de lire le paragraphe d'introduction qui alourdit le récit. Il faut s'autoriser à picorer des passages dans un livre. Cela est très facile avec les récits du "Petit Nicolas" de René Goscinny ou le recueil "L'Inattendu" de Charles Juliet dont on pourra apprécier la pureté et la simplicité du style.

 

Le lecteur a tous les droits. Pourquoi ne pas supprimer une phrase qui alourdit le récit ? Ou bien changer un mot compliqué par un autre qui facilitera la compréhension du texte ? L'auteur n'en saura rien et ne vous fera aucun reproche !

 

Il est souvent plus prudent de renoncer à l'envie de faire moderne. En proposant un texte trop contemporain, on risque d'aborder des thématiques ou préoccupations éloignées de celles de la personne âgée. Le style et le vocabulaire seront aussi un frein à la compréhension et au plaisir de l'écoute. Il ne faut pas hésiter à puiser dans des textes plus anciens mais plein de verve, à l'image des souvenirs de François Cavanna ("L’œil du lapin").

 

Quand la mémoire à court terme s'effrite, ce sont souvent les souvenirs les plus anciens qui restent les plus vivaces. Profitions-en pour proposer des textes qui ont été lus et appris pendant l'enfance, qu'il s'agisse des fables de La Fontaine ou des poèmes de Victor Hugo ("Chanson de grand-père").

 

La poésie a ceci de formidable qu'elle est d’abord un rythme. Il ne faut pas s'inquiéter si un poème n'est pas compris et accepter de se laisser porter par sa petite musique, comme celle des "Roses de Saadi" de Marceline Desbordes-Valmore.

 

Surtout, le lecteur à voix haute devra se laisser guider dans son choix par ce qu'il connaît de la personne qui recevra le texte. Son histoire personnelle, ses goûts, ce qui la fait rire et ce qui l'émeut... c'est en étant à l'écoute de la personne âgée que l'on peut répondre au mieux à son désir. Le temps de la lecture devient alors véritablement celui d'un plaisir partagé.

 

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