Dans la bibliothèque de la bibliothérapeute : Le roman de Jeanne

 Un roman de Lidia Juknavitch, traduit de l'américain par Simon Kroeger , édité par Denoël

 

 

 Encore une dystopie ? Certes, mais puissante et bien écrite, ce qui est rare dans un genre littéraire désormais surexploité.

Au-delà de la dénonciation de l'emprise de l'Homme sur la Nature, de la violence auto-destructrice et de la tyrannie, ce roman est aussi une belle allégorie du pouvoir de l'écriture.

 

Ici, ce sont les "griphes" qui inscrivent les histoires à même la peau :

 

"Dans une vie, tout a plusieurs couches narratives. Comme la peau : épiderme, derme, hypoderme, tissu sous-cutané. L'histoire que je griphe est pleine de sous-entendus".

 

Corps et récit ne sont plus deux entités irréconciliables relevant de deux espaces narratifs distincts, bien au contraire :

 

"Au commencement était le verbe, et le verbe est devenu corps".

 

Histoire de l'humanité ou histoire d'une vie, tout récit vient se graver dans le corps, qu'il s'agisse de griphes gravés au stylet, de cicatrices gagnées au combat ou de simples rides qui font la géographie d'un visage.

 

Cette inscription du récit, à l'instar de la littérature, devient l'instrument de la résistance à un régime despotique et délirant.

 

"Les histoires peuvent sauver des vies. Elles donnent corps à l'action".

 

Dans ce roman âpre, qui convoque les figures de Jeanne d'Arc et Christine de Pisan, l'amour et la guerre usent de la même violence.

 

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