Dans la bibliothèque de la bibliothérapeute : "Mon année haïku" de Pascale Senk

“Mon année haïku” de Pascale Senk, Editions Leduc, 2018

 

 

Le haïku est une forme très brève (17 syllabes), toujours en prise avec l’instant présent et le passage des saisons. Elle a depuis longtemps franchi les frontières de son Japon natal pour inspirer, entre autres écrivains, Paul Eluard ou Paul Claudel.

 

Pascale Senk a déjà signé deux ouvrages sur cette poésie très particulière : “L’art du haïku” (Livre de poche, 2010) et “L’effet haïku : lire et écrire des poèmes courts agrandit notre vie” (Leduc, 2016). Elle-même a vécu la découverte de cette forme poétique comme une réelle source d’inspiration créative et comme un lieu où se réfugier : “Lire des haïkus me calmait, apaisait la course de mes pensées”.

 

Elle revient ici à son sujet de prédilection pour nous en faire partager les bienfaits. Si elle a sélectionné quelques auteurs classiques japonais, elle a surtout puisé dans ses propres écrits et  fait appel à des haijins (auteurs de haïkus) contemporains et francophones (dont on trouve les biographies en fin d’ouvrage).

 

4 août

 

retour de la plage

une journée de bonheur

sèche sur le fil

 

Virginie Colpart

 

Parce que le haïku nous renvoie toujours au temps qui passe et au moment présent, cette anthologie se présente sous la forme d’un agenda. Un poème nous est proposé chaque jour, invitant à une lecture quotidienne, régulière et quasiment rituelle. C’est aussi un calendrier  qui nous invite à plus d’attention au cycle des saisons, au temps des fêtes et des routines :

 

8 septembre

 

au fond d’un tiroir

des trombones

insectes métalliques

 

Igor Quézel-Perron


 

Chaque poème est accompagné d’une invitation à méditer : choisir la couleur de sa journée, discerner l’essentiel ou bien laisser son esprit vagabonder... Pascale Senk nous emmène au-delà du texte pour prendre le temps de laisser venir en nous des émotions ou des images. L’alliance du haïku et de la méditation semble naturelle et évidente. Parce qu’il se doit d’être concis, le poème laisse comme des blancs que le lecteur pourra choisir de combler à sa guise.

 

C’est un livre auquel on reviendra avec plaisir tout au long de l’année, en choisissant d’y entrer par la date du jour ou par un sujet (le chagrin, la famille, la paresse, le souvenir…) grâce à un index thématique.

 

Le haïku est un texte ouvert qui ne se laisse enfermer dans aucune interprétation. A nous de laisser ses mots et ses images résonner dans notre propre imaginaire, sans précipitation, avec attention au monde et à nous-même.

 

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