• Nathalie Palayret

La sélection de la bibliothérapeute : Faire violence




Faire violence : des livres qui font mal !


Crime de haine ou vengeance sordide, explosion de colère ou meurtre prémédité... Toutes les violences ne se valent-elles pas ? Ces quelques livres apportent peu de réponses et beaucoup de questions.


Généalogie du mal, de Yu-jeong Jeong

La biographie à rebours d'un sociopathe.

"Dans ce monde, on trouve toutes sortes de gens. Chacun fait tout et n’importe quoi de sa vie. Et quelques-uns deviennent des meurtriers. Par accident, par colère ou par jeu. Je crois que cela fait partie de la vie de l’homme. Pourtant, je n’avais jamais imaginé devenir l’un d’eux."


Elmet, de Fiona Mozley, traduction de Laetitia Devaux

S'éloigner de la civilisation pour se rapprocher de la nature, ce n'est certes pas renoncer à la violence.

"Papa nous avait dit un jour que les batailles n'ont en réalité lieu qu'entre deux personnes, et à un moment bien précis. Qu'il a beau y avoir des armées, des gouvernements et des idéologies, au bout du compte, ça se joue entre deux adversaires, celui qui va tuer, et celui qui va être tué."


Neverhome, de Laird Hunt, traduction de Anne-Laure Tissut

La guerre est la violence d'état par excellence mais ici, il s'agit d'une guerre civile et elle est racontée par une femme.

"J'étais forte, lui pas, c'est donc moi qui partis au combat pour défendre la République."


Bacchantes, de Céline Minard

Des braqueuses qui dynamitent le genre.

"N'hésitez pas, capitaine, vous en mourez d'envie, donnez l'ordre, déployez vos hommes, balancez les roquettes, faites nous sauter la pelouse qu'on en finisse, que ça pète, craque, pisse, baigne, que ça déchire, que la beauté nous accompagne !"



Voyou, de Itamar Orlev, traduction de Laurence Sendrowicz

Même les pères violents ont des fils qui les aiment, parfois.

"J’ai toujours été un fumier, et ça ne m’a pas posé de problèmes. Qu’ils aillent tous se faire enculer. Le truc, c’est que j’ai aussi été une merde de père. Une merde de mari. Une merde d’ami. J’ai peut-être vieilli, mais maintenant, ça commence à me déranger."



Le Vampire de Ropraz, de Jacques Chessex

Vampire ou simple fait-divers ? Le mal fascine et se nourrit de nos peurs ignares.

"Sans répit déchiffrer la menace venue du fond de soi et du dehors, de la forêt, du toit qui craque, du vent qui pleure ; de l'au-delà, d'en haut, de dessous, d'en bas : la menace venue d'ailleurs. On se barricade dans son crâne, son sommeil, son cœur, ses sens, on se verrouille dans sa ferme, le fusil prêt, l'âme hantée et affamée."


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