• Nathalie Palayret

Dans la trousse d'urgence de la bibliothérapeute : Guillevic


Un visage rond et bonhomme, une petite barbichette poivre et sel : voilà mon Guillevic. C’est un homme solide qui sait vous regarder avec toute l’attention que le poète réserve à tout ce qui se donne à voir.


On l’a dit poète du minéral et de la nature, c’est surtout un poète de l'humanité, toujours attentif à l’autre.

Économe de ses mots, la poésie de Guillevic ne gâche pas. Mais ce n’est pas de l’avarice, bien au contraire. C’est en écrivant des poèmes accessibles à tous que Guillevic déploie sa générosité : aucun lecteur ne restera sur le bord du chemin. On chercherait vainement chez lui des mots rares et compliqués, des formules alambiquées. Non, avec Guillevic, on va tout de suite au cœur de la poésie, pas besoin de fanfreluches ou de baratin.


Lire la poésie de Guillevic, c'est se sentir "en contact avec" : avec l'arbre, avec la paroi, avec l'autre... mais aussi avec soi-même.



J’avais des oiseaux sur toutes mes branches.

Des gouttes d’eau et le soleil sur toutes mes feuilles.


Le vent qui descendait vers la vallée

Passait par moi.

C’était moi qui sonnais les cloches des villages

Et qui faisais frémir l’étang.

Mes doigts montaient dans les sapins :


Je sentais grandir la forêt et le mystère.



L’œuvre de Guillevic est parue aux éditions Gallimard


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