• Nathalie Palayret

Dans la bibliothèque de la bibliothérapeute : L'art de la sieste et de la quiétude

Mis à jour : mai 12


Poèmes chinois traduits et présentés par Hervé Collet et Cheng Wing Fu, éditions Albin Michel

S'offrir le temps d'une sieste, volée à la nécessité du travail ou programmée quotidiennement, c'est s'offrir le cadeau du repos et de la quiétude. Et pour peu que les circonstances s'y prêtent, c'est aussi le moment idéal pour se montrer ouvert à ce qui se passe tout près de nous.


"Oisif, allongé sans faire de rêve,

je me laisse emporter par le chant improvisé du merle."

Il n'y a pas loin de la sieste à la contemplation, voire à la méditation. Faire l'expérience de l'instant présent, voilà l'invitation faite par cette sélection de poèmes chinois.

"J'ouvre la fenêtre et laisse entrer ce grand fleuve".

Cette expérience de la nature faite par celui qui, le temps du repos, se replace au centre du monde, est propice à la poésie. Les parfums, les sons... tout cela nourrit d'abord la rêverie avant de donner des couleurs au poème.

"Le parfum du brûle-encens, une tasse de thé face à la fenêtre au nord,

allongé j'écoute le chant mélodieux d'un loriot".

Ces poèmes ont été écrits dans un autre temps (entre le 4ème et le 18ème siècle) et dans un pays lointain mais qu'il nous est facile de nous y abandonner pourtant ! Il nous suffit de lâcher prise un instant, de nous laisser porter par la rêverie, et nous aussi nous sentirons la caresse des pétales des fleurs de cerisier.


"Lisant un livre, lassitude de l'après-midi

je pose ma tête sur mon bras replié

j'ai oublié de fermer la fenêtre,

me voilà bientôt couvert de pétales de fleurs".

Une anthologie à picorer avant de s’abandonner au sommeil de la mi-journée.


"me laissant aller au plaisir de la quiétude,

des affaires du monde de poussière d'emblée

je m'éloigne"